Lois utiles · 2026-02-09
Arrêter de tout faire : la loi des 20 % qui changent vraiment la donne
La loi de Pareto n’est pas une invitation à en faire moins, mais à choisir où mettre son énergie. Quand tout est prioritaire, plus rien ne l’est.

La fausse bonne idée de « tout bien faire »
Sur le terrain, Karim ne manque ni d’envie ni de compétences. Le problème est ailleurs : tout semble important. Chaque tâche a une bonne raison d’exister, chaque demande paraît légitime. Les journées se remplissent, l’énergie se disperse, et la sensation d’avancer vraiment s’effrite.
C’est souvent à ce moment-là que la loi de Pareto est invoquée, puis mal utilisée — comme un slogan, comme une excuse pour bâcler, alors qu’elle dit l’inverse.
Ce que dit vraiment la loi de Pareto
La loi des 80/20 ne signifie pas que 80 % de ton travail ne sert à rien. Elle dit que, dans un système donné, une minorité d’actions produit l’essentiel de la valeur, et que ne pas les identifier est un choix — souvent coûteux.
Sur le terrain, cela veut dire une chose simple : toutes les actions ne méritent pas le même niveau d’attention, de soin et de protection dans l’agenda.
Pourquoi on résiste à l’appliquer
Appliquer Pareto oblige à renoncer. Pas à faire moins, mais à accepter que certaines actions restent secondaires, voire imparfaites. Beaucoup de professionnels confondent priorité et légitimité : une action peut être légitime sans être prioritaire maintenant.
C’est là que la tension apparaît : choisir, c’est accepter de décevoir — parfois soi-même, parfois les autres.
Une seule action concrète pour l’appliquer
Karim commence simplement. Il liste tout ce qu’il fait sur une semaine, puis il entoure les actions qui produisent un effet visible : décision prise, problème débloqué, résultat mesurable.
Il n’en ressort jamais beaucoup — souvent deux ou trois. Ces actions deviennent non négociables : il bloque du temps pour elles, protège leur qualité, et accepte que le reste s’ajuste autour. Pas d’outil compliqué, juste un choix assumé.
Un exemple très concret
Sur son site, Karim observe que deux pages et trois articles concentrent l’essentiel du trafic, des retours et des échanges. Le reste est utile, mais marginal à court terme. Plutôt que d’ajouter sans cesse du nouveau, il décide d’optimiser d’abord ces points-là : clarté, structure, profondeur. Moins de dispersion, plus d’impact, une trajectoire plus lisible.
Choisir, c’est déjà piloter
La loi de Pareto n’est pas une technique de productivité, c’est une posture de pilotage. Elle oblige à regarder la réalité en face : ton temps est fini, ton énergie aussi. Ce que tu choisis de renforcer dit plus sur ton rôle que ce que tu empiles.
Si tu n’avais le droit de protéger que deux actions cette semaine, tu saurais probablement déjà lesquelles. C’est celles-là qu’il faut mettre à l’abri en premier.
Passer de la réflexion à la situation réelle
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