Tant que ce n’est pas écrit, ce n’est pas clair
La loi de Kidlin est simple : formuler clairement un problème en résout déjà une grande partie. Écrire n’est pas documenter, c’est décider.

Le flou comme faux problème
Karim a l’impression d’être bloqué. Il tourne autour d’une décision sans parvenir à trancher. Les options s’enchaînent mentalement, les arguments se contredisent, et chaque tentative de réflexion ajoute une couche de confusion.
Pourtant, en y regardant de plus près, il ne manque ni d’informations, ni de compétences. Ce qui manque, c’est une formulation claire du problème. Tant que celui-ci reste diffus, aucune décision solide n’est possible.
Ce que dit vraiment la loi de Kidlin
La loi de Kidlin repose sur une idée simple et radicale : si tu ne peux pas écrire clairement ton problème, c’est que tu ne le comprends pas encore. Et tant qu’il n’est pas compris, il est impossible de le résoudre correctement.
Écrire n’est pas une étape administrative. C’est un acte cognitif. La formulation force à choisir des mots, donc à choisir un angle, donc à renoncer à d’autres interprétations.
Pourquoi le flou est si confortable
Le flou protège. Il évite de se tromper, de décider, de s’exposer. Tant que le problème reste mal défini, aucune option n’est définitivement mauvaise. Mais aucune n’est bonne non plus.
Sur le terrain, ce flou se traduit par des hésitations interminables, des discussions circulaires, ou des décisions repoussées sous couvert de “manque de recul”.
Une seule action pour débloquer
Karim adopte une trame simple, toujours la même. Il écrit, sans chercher à faire joli :
– Problème
– Contexte
– Contraintes
– Options possibles
– Prochaine étape
En quelques lignes, ce qui semblait complexe devient manipulable. Certaines options tombent d’elles-mêmes. D’autres apparaissent clairement comme préférables.
L’objectif n’est pas de produire un document, mais de créer de la clarté.
Un exemple concret
Karim hésite entre deux formats d’article. L’un est plus ambitieux, l’autre plus rapide à produire. Tant que le dilemme reste mental, il tourne en boucle.
Il écrit cinq lignes. Le critère principal apparaît immédiatement : l’objectif de la semaine n’est pas l’ambition, mais la régularité. La décision se prend presque toute seule.
Écrire, c’est déjà décider
La loi de Kidlin rappelle une chose essentielle : beaucoup de blocages sont des problèmes mal posés, pas de vraies impasses. L’écriture transforme une tension vague en question traitable.
Ce n’est pas l’inspiration qui manque le plus souvent, mais la formulation juste.
La vraie question à se poser est donc celle-ci :
quel est exactement le problème que tu essaies de résoudre, en une phrase claire et vérifiable ?