Carnet de formation IA · 2026-08-04
Écrire pendant que j'apprends
J'ouvre ici un carnet sur la formation IA que je suis en train de suivre. Pas un cours, pas un avis d'expert : le compte rendu de ce que je comprends, au moment où je le comprends.

Le soir d'une journée de cours dense, tout paraît clair. Les concepts s'enchaînent, le formateur relie bien les choses, on note. Le lendemain matin, essayez d'expliquer la même journée à quelqu'un en une page.
C'est là que j'ai vu le problème. Ce que je prenais pour de la compréhension était une impression de compréhension — solide tant que personne ne demande de reformuler, fragile dès qu'on essaie.
J'ai commencé ce carnet à ce moment-là.
Ce que je suis en train de faire
Je suis une formation de chef de projet en intelligence artificielle, un titre de niveau 7. Modules courts, supports en ligne, fiches de synthèse. Le format habituel de la formation professionnelle : dense, séquencé, et qui laisse à chacun le soin de transformer tout ça en compétence.
Cette transformation, c'est le sujet de cette série. Pas le contenu du cours — vous le trouverez mieux expliqué ailleurs, par des gens dont c'est le métier. Ce que je peux apporter, c'est autre chose : le trajet entre « j'ai suivi le module » et « je saurais m'en servir dans un projet réel ». Ce trajet est rarement documenté parce qu'on l'écrit d'habitude après, une fois arrivé, quand on a oublié où on avait buté.
Moi j'écris depuis le milieu. C'est moins confortable et je crois que c'est plus utile.
Pourquoi publier plutôt que garder ça pour moi
Trois raisons, dont une que je n'avais pas prévue.
Écrire oblige à trier. Une fiche de synthèse ne tient pas sans hiérarchie : il faut décider ce qui est central et ce qui ne l'est pas. Tant que le contenu reste dans les notes, cette décision n'est jamais prise.
Publier oblige à vérifier. Ce que je garde pour moi peut rester approximatif. Ce que je publie sous mon nom, non. Cette contrainte-là m'a fait relire des choses que j'aurais laissées passer, et corriger plusieurs points que je croyais acquis.
Et la raison que je n'attendais pas : en imposant une structure identique à toutes mes fiches, j'ai vu apparaître les trous. Tant que chaque fiche a sa forme propre, une absence ressemble à un choix. Dès que toutes suivent le même gabarit, une case vide saute aux yeux. La moitié de ce que j'ai à raconter vient de ces cases vides.
Ce que ce carnet n'est pas
Autant le dire tout de suite, ça évitera des malentendus.
Ce n'est pas un cours. Je ne suis pas en position d'enseigner ce que je suis en train d'apprendre. Quand je définis un terme, c'est parce que je viens de me rendre compte que je l'employais sans savoir l'expliquer.
Ce n'est pas un audit de ma formation. Je vais forcément parler de ce que les supports ne disent pas, parce que c'est là que se passe l'apprentissage. Et sur ce point, la formation elle-même est explicite : ses consignes préviennent qu'un énoncé peut paraître incomplet, que c'est normal et volontaire, et que chercher l'information manquante fait partie de la compétence à développer. Autrement dit, les trous que je relève ne sont pas des oublis à corriger : ce sont les entrées du travail. Combler l'écart entre le schéma et le terrain, c'est exactement ce qu'on me demande de savoir faire.
Ce n'est pas une position d'expert. J'aurai tort par endroits. Quand ça arrivera, je corrigerai dans le texte plutôt que de laisser l'erreur en ligne, et je le signalerai.
Comment c'est construit
Chaque épisode suit le même trajet : ce que je croyais avoir compris, ce qui m'a fait buter, comment j'ai cherché, et ce que ça change dans ma façon de travailler. Le cœur d'un article, c'est le moment où ça coince — pas la conclusion.
Trois formats reviendront :
- Les épisodes de compréhension, sur un concept précis qui m'a résisté.
- Les mots sans définition — ceux que le cours emploie dix fois sans jamais les expliquer, et qu'on croit connaître.
- Un journal mensuel, avec une partie sur ce qui reste opaque. C'est celle que je tiens le plus à écrire : une incompréhension qu'on ne date pas disparaît sans qu'on sache si elle a été levée ou simplement contournée.
Chaque article se termine par le rattachement aux blocs de compétences du référentiel. C'est une contrainte que je me donne : si je n'arrive pas à relier ce que j'ai écrit à une compétence attendue, c'est probablement que je me suis fait plaisir sur un détail.
Deux règles que je m'impose
Dire d'où vient ce que je sais. Une bonne partie de ce que j'écris ne sort pas du support de cours mais de recherches, de lectures et d'échanges — y compris avec des outils d'IA, à qui je demande surtout de me contredire. Sur un carnet qui parle d'apprendre l'IA, cacher cette partie du travail serait absurde.
Séparer le cours de ce que j'ajoute. Dans mes fiches comme ici, ce qui vient du programme et ce que j'ai rapporté d'ailleurs sont distingués. Pour l'examen d'abord, parce que je dois savoir ce qui est attendu. Pour le lecteur ensuite, qui a le droit de savoir sur quoi il s'appuie.
À qui ça peut servir
À vous si vous suivez une formation du même genre et que vous vous demandez si c'est normal de ne pas tout retenir. À vous si vous encadrez des projets où l'IA arrive et que vous voulez savoir quelles questions poser. Et à moi dans six mois, quand j'aurai oublié à quel point certaines choses m'ont paru obscures.
Premier épisode : j'avais compris le RAG, jusqu'à ce que j'essaie de remplir une case de mon propre tableau.
Passer de la réflexion à la situation réelle
Ce sujet ressemble à quelque chose que vous vivez ?
Vous pouvez me décrire le contexte, ce qui résiste et ce qui devrait devenir plus clair. Nous verrons simplement si mon approche peut être utile.
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