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Management par coaching : accompagner pour faire grandir

2023-07-20Laurent Guyonnet — Carnet d’expérience

Le management par coaching ne consiste pas à poser des questions à la place de décider. Il cherche à faire progresser l’autonomie sans abandonner l’exigence ni le cadre.

Management par coaching : accompagner pour faire grandir

« Qu’est-ce que tu as déjà essayé ? »

La question paraît simple. Pourtant, elle marque une frontière.

Un manager qui la pose ne se précipite pas immédiatement vers la solution. Il essaie d’abord de comprendre ce que la personne a vu, testé, compris, contourné. Il ne retire pas son rôle. Il change sa manière d’intervenir.

C’est souvent comme cela que commence le management par coaching.

On le décrit volontiers comme une posture moderne, collaborative, centrée sur le développement. C’est vrai, mais c’est encore trop abstrait. Sur le terrain, son intérêt tient à quelque chose de plus net : il permet de faire grandir les personnes sans devoir tout résoudre à leur place.

Ce que ce style essaie de produire

Le management par coaching vise généralement quatre effets :

  • développer l’autonomie ;
  • améliorer la capacité de réflexion ;
  • renforcer la qualité des retours ;
  • transformer les difficultés en occasions d’apprentissage.

Ce n’est pas un style utile partout, tout le temps. Il demande du temps, une certaine maturité, et un cadre suffisamment stable pour que l’on puisse penser, tester, revenir.

Mais dans des environnements où les compétences doivent évoluer vite, il devient très puissant.

Ce qu’il ne faut pas confondre avec du coaching

Le terme est tellement valorisé qu’il sert parfois à tout et n’importe quoi.

Un manager n’est pas en posture de coaching simplement parce qu’il pose plus de questions. Il n’est pas non plus dans le coaching quand il évite de trancher, repousse les arbitrages ou transforme chaque difficulté en conversation sans fin.

Le management par coaching devient faible quand :

  • on ne sait plus ce qui relève du soutien ou de la décision ;
  • les questions remplacent le cadrage ;
  • les retours restent bienveillants mais peu utiles ;
  • la progression attendue n’est jamais formulée clairement.

L’écoute seule ne suffit pas. Il faut aussi de l’exigence.

Ce qu’une formation devrait travailler

Former à ce style ne consiste pas à apprendre une liste de questions ouvertes.

Une formation utile devrait aider les managers à faire au moins cinq choses :

  • écouter un problème sans le capturer trop vite ;
  • reformuler pour clarifier ce qui est vraiment en jeu ;
  • poser une question qui fait avancer, pas seulement parler ;
  • transformer un retour vague en feedback exploitable ;
  • convenir d’un prochain pas observable.

Autrement dit, il faut former à la qualité de l’accompagnement, pas à la gestuelle apparente du coach.

Le rôle du formateur dans ce type d’environnement

Le formateur peut aider à rétablir une distinction souvent brouillée : accompagner n’est pas déléguer à l’aveugle, et faire grandir n’est pas laisser la personne seule face au problème.

Il peut aussi rendre visible ce que beaucoup de managers font déjà intuitivement, sans le structurer :

  • quand faut-il aider à penser ?
  • quand faut-il aider à décider ?
  • quand faut-il décider soi-même ?
  • comment rendre un progrès visible dans le temps ?

Cette clarification change énormément la qualité du style.

Ce qu’il faut regarder pour savoir si ça fonctionne

Une formation sur le management par coaching devient crédible quand elle se voit dans les échanges du quotidien :

  • les collaborateurs arrivent avec des problèmes mieux formulés ;
  • les managers donnent des retours plus précis ;
  • les points de blocage sont travaillés plus tôt ;
  • les personnes prennent davantage d’initiatives sans attendre une réponse sur tout ;
  • les progrès sont relus au lieu d’être simplement supposés.

Ce sont souvent de petits déplacements. Mais ce sont eux qui installent une culture de progression.

Le vrai enjeu

Le management par coaching n’est pas seulement une manière plus élégante de parler aux équipes. C’est une manière de produire de la croissance dans le travail réel.

Il devient particulièrement utile quand une organisation veut développer les personnes sans tomber dans deux pièges opposés :

  • tout contrôler ;
  • tout laisser faire.

Entre ces deux extrêmes, il y a une posture plus fine : faire penser, faire essayer, faire relire, puis recadrer si nécessaire.

Dans les situations que tu observes, les managers cherchent-ils réellement à faire grandir les personnes… ou se contentent-ils de parler d’autonomie sans créer les conditions pour qu’elle apparaisse ?

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